Laurent Lafargue

Je m’appelle Laurent Lafargue, je suis psychanalyste depuis une dizaine d’années environ. 

J’ai travaillé en cabinet, à Paris avec un public principalement adulte, successivement rue de Belleville (Paris 20ème), avenue Laumière (Paris 19ème), puis dans le 10ème arrondissement, rue d’Hauteville.

J’ai quitté la Région Parisienne il y a peu et je suis en train de créer un projet d’accueil psychanalytique ouvert sur la ville à Bellême, dans l’Orne,en Normandie.

Je continue actuellement à travailler par téléphone et par visioconférence avec les sujets analysants que j’ai pu accompagner à Paris et en Région Parisienne, ou qui vivent en région.

J’anime également des groupes d’analyse de pratique, des supervisions, mais également des formations notamment dans le secteur de la grande exclusion.

Je suis un psychanalyste dit “profane” pour reprendre le beau mot de Freud dans un de ces textes célèbres :‘“la question de l’analyse profane”, dans lequel il écrivit en 1926 que la pratique de la psychanalyse ne devait pas être réservée aux seuls médecins, mais au contraire, bien demeurée ouverte à celles et à ceux qui en plus de leurs capacités personnelles (“in-sight” et formation psychanalytique) avaient des intérêts dans des domaines aussi variés que la biologie, la mythologie, l’histoire de l’art, la littérature etc..

C’est à mon avis un texte fondateur pour la psychanalyse de la part de Freud qui s’adresse à ses héritiers et au monde de l’avenir de sa découverte: la praxis analytique ne doit pas être enfermée, réservée, soumise à la Médecine en général et à la Psychiatrie en particulier.

On voit bien aujourd’hui toute la pertinence de ce souhait freudien quand on observe les nouvelles classifications psychiatriques internationales (c’est à dire américaines: DSM,CIM..) qui ont balayé les apports freudiens à la psychiatrie (disparition de l’hystérie, donc de la question de la sexualité dans l’approche des sujets, TDAH, PTSD..)..

Lui, médecin, neurologue, savait de quoi il parlait car il a été bien seul à ses débuts notamment pour faire re connaître son travail par les autres scientifiques de son époque.

Il avait également bien pressenti que sa découverte pouvait être dévoyée, détournée et finalement effacée (refoulée) dans un contexte de pouvoir grandissant de la psychiatrie, de la pharmacologie et (plus tard) des neurosciences qui sont les approches dominantes de la prise en charge des soins psychiques aujourd’hui.

Je m’inscris donc dans la lignée freudienne à cet égard, car ce que je défends avec force dans ma pratique lors de chaque rencontre avec celles et ceux qui viennent faire un “bout de chemin” avec moi, c’est le Sujet, dans son désir et sa singularité.

Je combats les approches” thérapeutiques” qui  essaient de “normer” le sujet (c’est-à-dire le désir) ou qui visent une “adaptation”. Je ne pose pas de diagnostic; ce n’est pas mon métier. 

Ma question, c’est le sujet.

Je considère d’ailleurs que nous sommes à un tournant majeur de notre histoire collective où chacun doit prendre sa part pour ce qui est de défendre l’infiniment petit, la singularité, la différence.

C’est ce que je m’applique à faire dans ma vie en général et dans ma pratique de psychanalyste en particulier.

J’aime cette phrase de Kant qui écrivit que” l’homme est fait d’un bois si tordu qu’il est douteux qu’on puisse jamais en tirer quelque chose de tout à fait droit”.

Phrase que je fais mienne car pour qui s’intéresse à la question du désir la route n’est pas droite, il s’agit plutôt d’un chemin tortueux, de chemins de traverse, d’une quête qui dure toute la vie, que seul le sujet peut mener dans le cadre d’un travail sur lui-même, accompagné par quelqu’un qu’il choisit et qui doit le rendre in fine le plus libre possible.

On engage sa parole dans une thérapie analytique, mais le sujet doit rester libre, c’est un élément fondamental que ni l’analyste ni l’analysant ne doivent perdre de vue.

Je travaille sur le principe freudien de l’association libre, sur les rêves, les fantasmes non pas en Sphinx muet, mais en Therapon (“double pour le combat”), car je considère que l’écoute et le silence ne suffisent pas.

Le désir du sujet qui vient me rencontrer demande à être interprété. 

C’est donc bien d’un travail à deux dont il s’agit: du sujet analysant et du sujet analyste.

De manière plus prosaïque, je me suis formé à Espace Analytique à Paris (j’y suis adhérent depuis une quinzaine d’années), institut de formation psychanalytique fondé par Octave et Maud Mannoni, où j’ai rencontré de nombreux praticiens de différents courants; lacaniens, freudiens, kleiniens, winnicottiens principalement qui m’ont beaucoup transmis de leur savoir et de leur expérience. 

J’ai rejoint l’A.P.E. récemment, intéressé par dimension éclectique de cette association et désireux de rencontrer d’autres personnalités, d’autres approches, qui me permettraient d’enrichir mon travail..

J’ai  également beaucoup appris de mon travail en institution (Samu Social, Croix Rouge Française, Hôpital de Jour, CMPP..), et tout autant dans les échanges avec mes collègues dans des groupes de travail, sans oublier et en premier lieu peut être, de mes analysants.

C’est néanmoins dans ma propre analyse que j’ai le plus appris, sur moi et sur les autres.

C’est l’analysant que je fus qui me permet d’écouter et de parler en analyste aujourd’hui.