La psychanalyse aujourd’hui : science ou psychothérapie ?

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En francais

« Que la psychanalyse soit essentiellement une connaissance (de soi, de l’inconscient, du transfert…) me parait évident. Ce que je considère utile expliciter c’ est que cette connaissance s’oppose à un pouvoir ». Thomas Szasz.

Le texte suivant est inspiré par une exigence de clarification concernant la distinction entre psychanalyse et psychothérapie. Il s’agit d’une distinction qui, comme nous le verrons, se révèle capitale non seulement du point de vue théorique et pratique, mais aussi politique, étant donné que les autorités des diverses nations sont amenées à trancher sur ce sujet et à aboutir à des réglementations. À tel propos, il me faut dénoncer les risques liés à des règles imposées du dehors qui vont jusqu’à la possibilité de dénaturer et d’abolir la psychanalyse en tant que libre activité scientifique et culturelle. Mon intervention est aussi la traduction d’un article paru en Italie vers le début des années 2000 et fait parfois allusion à la situation toute particulière de la psychanalyse dans ce pays.

Le débat autour de la nature, du statut et des buts de la psychanalyse, née comme Talking cure mais vite devenue une discipline dépassant largement le cadre thérapeutique, a toujours été très ouvert et n’est pas encore terminé. Il existe en effet des avis très contrastés à ce sujet. Plutôt significative en Italie l’intention, de la part des corporations médicale et psychologique, d’englober la psychanalyse dans la psychothérapie, ceci malgré que le décret législatif réglementant l’exercice de la psychothérapie ne mentionne aucunement la psychanalyse ni même l’expression “psychothérapies de type analytique”, formule qui aurait pu prêter à confusion et que les associations psychanalytiques interpellées à l’époque ont pourvu à faire enlever du texte. On peut certes soutenir que la psychanalyse est un genre de psychothérapie, mais on ne devrait pas prétendre d’imposer une opinion à toute une classe de personnes qui, en commençant par Freud, ont toujours privilégié le statut scientifique de leur discipline. La démocratie culturelle impose justement le respect de toutes les opinions. Ceci est encore plus vrai dans le cas d’une discipline devenue depuis longtemps une véritable approche à la connaissance qui a révolutionné notre conception de l’homme et de la société. C’est parce que la psychanalyse est plus qu’une thérapie qu’aucun intellectuel ne saurait ignorer ses clés de lecture qui ont elles-mêmes contribué à soulever de nouvelles questions comme celle sur le statut d’objectivité des sciences. L’inconscient concerne en effet aussi les scientifiques et leur langage, surtout quand ils se trouvent à spéculer sur des inférences à grand impact imaginaire, comme par exemple le big bang, les neutrinos ou les gravitons. On peut naturellement se demander, comme fait Prigogine citant une intervention de J. Hadamart, quel poids a l’inconscient dans la création de pareils modèles scientifiques.

L’épistémologie scientifique est inestricablement liée à l’axiome aristotélicien qui circonscrit la science dans le champ de l’universel. Une grande partie du travail mené par les scientifiques de tous les temps a consisté, selon T. Kuhn, à extraire de la réalité des constantes universelles. En psychanalyse Freud a vu dans l’œdipe ce qu’il y a de plus universel dans l’être humain et Jung a été le premier à s’interesser aux constantes archétypiques de la fantaisie. Ces modèles ont depuis démontré leur valeur euristique, mais ils ne sont pourtant pas exempts de subjectivité (Jung parlerait d’ « équation personnelle »). Si nous considerons l’evolution du concept de science dans la modernité il faut admettre que le recours à des “constructions” (ou modèles) est devenu légitime. Ceci parce que, étant donné la nature particulière des objets d’étude (les quantas en physique et l’inconscient et ses complexes en psychanalyse), ces constructions viennent à assumer la valeur d’instrument nécéssaire plutôt que de facteur contaminant. La science moderne s’interesse aux phénomènes, et ceux-ci ne sont pas complètement dissociables des qualités subjectives de l’observation.

Malgré cela, la psychanalyse scientifique, contrairement à la psychothérapie analytique qui ne pose aucun problème de compréhension, a toujours suscité des discussions, et ceci en dépit de sa définition bien connue de « science de l’inconscient » et que son but soit la connaissance de soi. Mais voilà, que signifie donc les termes d’ « inconscient » et de « soi » pour la mentalité objective? Une des plus grandes difficultés rencontrées par la psychanalyse lui dérive, comme je l’est souligné ailleurs*, de son statut quelque peu ambigu de “science de la subjectivité”, qui va jusqu’à renverser la formule d’Aristote “il n’est de science que de l’universel” en “il n’est de science (psychanalytique) que du singulier, du subjectif”. Ce qui ne passe pas au filtre de la mentalité objective c’est que l’inconscient ne soit pas objectivable en une substance. Autrement dit, la personne avec son histoire et ses expériences particulières, avec ses idées et ses propres valeurs personnelles et culturelles n’est pas réductible aux réseaux de neurones, ni aux instincts, ni au génome, bien que les liaisons entre psyché et cerveau ne laissent aucun doute.

Mais le biologique n’est que le nécéssaire support matériel de la psyché, tandis que les divers troubles psychiques ont leurs causes dans des motivations inhérentes aux questions humaines, aux registres du Symbolique et de l’Imaginaire. Ne pas comprendre ce simple fait porte la psychiatrie officielle à considérer la plupart des troubles psychiques comme des “maladies mentales” d’ordre héréditaire et à les “soigner” par voie pharmacologique. La psychothérapie, quant à elle, ne fait guère mieux en prétendant “soigner” des maux (mots) sans avoir à comprendre leurs significations symboliques. La psychothérapie est concentrée sur des critères étrangers à la psychanalyse et à son éthique, comme l’efficacité et l’efficience, et est de plus en plus soumise aux critères sanitaires. La technologie chimique et la technique thérapeutique semblent pouvoir contenir l’inconscient et ramener le “malade” à une « normalité » qui est, comme le relève T. Szasz, plus souvent fonctionnelle à la société qu’à lui même.

La psychanalyse n’interprète pas la déviance comme pathologie, mais intéresse aux vérités énoncées par le sujet. “Analiser” signifie mettre à disposition de la personne un espace privilégié dans lequel nos propres paroles peuvent être entendues au lieu de leur vérité. Ceci est possible car, avec le temps, le fait d’être écouté et accepté pour ce que l’on est porte à s’écouter et à s’accepter. L’analysant paye l’honoraire pour prendre conscience de ce qu’il est et l’analyste doit être libre d’accepter les vérités de l’analysant même quand celles-ci ne rentrent pas dans une théorie ou une présumée normalité. Sur ce point je dois dire qu’en lisant Freud on a parfois l’impression qu’“approfondir” signifiait pour lui arriver coûte que coûte à la sexualité infantile. C’est pour cette raison d’ailleurs que l’on peut considéré l’œuvre de C.G. Jung comme un élargissement du champ de la psychanalyse.

Mais cette dernière se place, en tant qu’approche, au delà des divergences théoriques intrinsèques. Elle reste cette experience particulière par laquelle le sujet se réapproprie de son histoire et de ses vèrités. Les symptômes sont objets d’intervention analytique parce qu’ils expriment quelque chose pour quelqu’un et qu’ils sont à déchiffrer comme les lapsus ou les rêves. Si l’intervention analytique servait à fournir des conseils ou des solutions prêtes à l’usage, elle serait bien alors d’ordre thérapeutique. Mais l’analyste ne doit pas tomber dans le piège tendu par les résistences, sous peine d’élider l’inconscient et de vendre à ses clients un service ne correspondant pas à l’accord conclu avec eux et qui les transformerait en « patients ».

Il est en effet fondamental que les règles de l’analyse soient exprimées clairement dès le début. L’analysant doit savoir par exemple que le rôle de l’analyste est d’analyser le matériel qui émerge en séance, sans intervenir directement sur les symptômes. Un autre préliminaire tout aussi fondamental est la libre condition intellectuelle et morale de l’analyste. Szasz remarque justement que si l’analyste entend enseigner la liberté et l’autonomie, il ne peut que rester libre lui-même. Ainsi, même s’il adhère à une école de pensée ou à une institution psychanalytique, il ne doit avoir de compte à rendre qu’à lui même. Encore, il ne saurait s’appuyer sur d’autres légitimation que celle lui provenant d’une conquête intérieure. Celle-ci s’acquiert par une analyse personnelle (la seule à être véritablement “didactique” selon Lacan).

Ajoutons au passage que l’analyse personnelle ne saurait non plus représenter un critère formatif absolu, étant donné que certains pioniers n’en ont pas bénéficié bien qu’à un certain moment ils auraient pu le faire. Et puis parce que l’analyse ne peut être considérée l’unique moyen d’arriver à une certaine connaissance de soi et de l’inconscient À tel propos Jung se montra particulièrement ouvert en écrivant qu’une formation adéquate pouvait aussi bien dériver d’une experience de vie particulièrement riche et intense, de la connaissance d’un grand nombre de personnes, de milieux et de cultures différentes. En somme, la psychanalyse peut bien sûr privilégier certains critères formatifs, mais elle ne devrait avoir de préjugé d’aucune sorte. Ou le moins possible.

 Retournons à présent à la question de l’écoute. On pourrait penser qu’il n’est nul besoin de recourir à un analyste pour être écouté, qu’un ami saurait suffir et qu’en outre on ne devrait raisonnablement pas s’attendre beaucoup d’une chose aussi “soft” comme l’écoute. En ce qui concerne la première objection il nous faut remettre sérieusement en doute la possibilité de trouver chez l’ami une écoute attentive et profonde comme celle de l’analyste. Il suffirait de se demander combien de fois nous nous sommes senti vraiment écoutés et acceptés pour s’apercevoir de la rareté d’une telle situation. L’ami tient compagnie, échange (ou tente d’imposer) des opinions, entre dans notre vie, mais n’est pas neutre; il a des prétentions, il entre en compétition et surtout il ne tient pas nécessairement compte des facteurs inconscients en jeu dans le rapport. En somme, l’ami n’est pas particulièrement disposé à l’écoute. La seconde objection demande une réponse plus articulée.

En effet, que signifie “savoir écouter”? Il va sans dire que l’écoute est plus qu’une simple question d’ouïe. Il s’agit d’une écoute attentive servant à mettre la ponctuation dans les discours où elle manque. C’est ce qui permet d’approcher les véritables motivations des discours, celles qui se cachent et en même temps s’expriment par exemple derrière une négation, un oubli ou un rêve. Il existe sous ce profil une certaine analogie avec le taoïsme zen dont les koans produisent souvent des éffets révélateurs concernant la réalité plus intime de l’adepte. Ce n’est pas pour rien que Lacan, après Jung, s’est montré particulièrement intéressé à la philosophie orientale vers la fin de sa carrière.

La psychanalyse est donc une forme particulière de conversation qui trouve dans l’écoute l’élément qui plus la caractérise. Écouter est la seule chose qu’un analyste doit absolument savoir faire, le seul service qu’il a véritablement le devoir d’offrir à l’analysant. Je crois que si la psychanalyse entend préserver son âme, elle doit honnêtement se limiter à remplir dans la pratique sa fonction analytique, en reconnaissant ses limites, surtout d’ordre strictement thérapeutique, liées à sa nature scientifique ainsi qu’à sa propre éthique. Elle ne vise directement ni l’élimination des symptômes, ni l’application de protocoles thérapeutiques pour chaque type de problème, mais l’obtention de la part de l’analysant d’une clarté suffisante envers lui même. Le besoin de parler à quelqu’un sachant écouter est probablement aussi ancien que l’homme et forme une dynamique, celle du transfert, qui se retrouve dans tous les rapports interpersonnels. En effet, le transfert devrait à mon avis être entendu, plus que comme une recherche inconsciente de figures parentales, comme une recherche jamais réussie dans le passé et en tout cas jamais dépassée: celle d’un interlocuteur sachant écouter.

par Antoine Fratini

In english

What will develop is my personal point of view about psychoanalysis. The debate about the nature, the rules and the finality of psychoanalysis initially was a talking cure that little by little transformed itself in something that largely surpassed the borders of therapy. Since the origin of the analytical movement it was always very open and until today it cannot be considered as finished. Actually there are thought theories against this. In Italy, the fact that the corporations have the intention of including psychoanalysis seems particularly significant in the category of psychotherapy, although there is no reference in legislation neither about psychoanalysis nor about the expression “psychotherapy of analytical type” (which could have created confusion) exactly because of the opposition from psychoanalytical associations inquired at the time. Certainly, someone can affirm that psychoanalysis is a special type of psychotherapy but he/she should not try to impose this opinion to a big class of intellectuals who starting by Freud, always tried to maintain the scientific roles of their discipline. Precisely, the cultural democracy imposes respect to all theorical thoughts. This is even more important for psychoanalysis that, a long time ago became a true way of treating human knowledge. This is so true that a respected intellectual, even being able to ignore almost everything about psychology and psychotherapy will not be able to ignore the main readings of psychoanalysis exactly because it is a subject considered by everyone.

Actually, psychoanalysis contributed to raise new and subtle subjects such as the objectiveness of sciences occasion for various interdisciplinary debates. The unconscious refers to science because it refers to the scientists and their languages specially when they speculate about deductions such as the big bag, “neutrinos” and “gravitoni”. An obvious question is, as Pregogine quoted Hadamart´s intervention, what is the weight of fantasy, thus unconscious, in the creation of these scientific models.

The scientific epistemology is indissolubly linked to the aristotelic axiom, according to which universally is an exclusive field of science. A great part of the scientists work in all times was dedicated, according to Kuhn, to isolate phenomena from the universal constants. Presently quantic physics could not do without Planck´s constant. In the field of psychoanalysis Freud put in Edipus what he saw as most universal in mankind and Jung was the first one to research the archetypical constants of fantasy. Although they might represent hypothesis of undoubtful heuristic value, Edipus as well as the archetypes remaining as models or interpretations which, as such are not away from subjectivism. However if we consider the evolution of the science concept in modern times, the fact of using constructions such as Edipus and the archetypes in the investigation about human knowledge can be considered a scientifically valid procedure. This, because due to the specific nature of the objects of study (the quantum for physics and the unconscious with its complex for psychoanalysis) such constructions take the role of necessary instruments instead of contaminating factors.

In spite of this, as I observed in a former publication, while psychoanalysis, understood as psychotherapy, does not offer any difficulty in understanding, scientific psychoanalysis has never stopped being discussed, although having always imposed itself as a science of the unconscious and having as a clear objective the self-knowledge. But what do objectively mean unconscious and Self? The biggest reason why it is so difficult to accept scientific psychoanalysis is exactly in its characteristic of science of subjectivism, able to invert the aristotelic axiom according which only the science of universal exists in only the science of individual of the subjective exists. Clearly what is subjective cannot be neither universal, nor objective, therefore, it is not objectible in a substance.

A person with his own history, his own ideas and his own personal and cultural values cannot be reduced to a simple neuronal map. In other words, the psyche is not equivalent to the brain even existing an undoubtful liaison between them. The biological factor is only a necessary material support for the psyche, while motivations or causes of various psychical disturbances belong to the field of the so called “human issues” linked to the symbolic language, therefore, to the cultural and subjective values of the person. Not to understand or not wanting to understand these things lead to aberrances, in the past, for example, the awarding of a nobel prize to a Portuguese neural surgeon “Moniz” for his discovery of the therapeutic value of pre-frontal lobotomy in some psychosis or the establishment of eugenetic programs in schizophrenic patients in countries such as Germany nad Sweden. Nowadays many physical disfunctions including neurosis are considered mental diseases of hereditary nature by the official psychiatry and treated in a pharmacological way.

However, psychoanalysis does not take into consideration pathology or normality, does not label people neither searches for new substances, but it takes care of the understanding of the truths formulated by the subject. Analyzing is to offer a person a privileged space where he/she can talk and be heard in his/her truth. The person being analyzed can try to recover taking a course that he/she knows will take him/her to internal resistance that can be difficult to overcome. This is due to the fact that when he/she feels heard and accepted the way he/she is, with time he/she will start to listen and accept him/herself. In his works and classes, Freud had already insisted about the implicit resistances of this work.. There are many things that people do not want to accept and there is also the fear of seeing undone the illusive meaning that is so dear to them abuting in life even at the sake of alienations and neurosis. Mankind never gets tired of telling him/herself stories about him/herself, up to the point of being in difficult uncomfortable situations when faced with his/her own reality.

If what is important in analysis are the subjective truths, then the paradigms, the theories and the school which the analyst belongs to, run the risk of becoming deviations or problems. The person being analyzed pays the analyst to know his/her own truths, no matter if they fit in a system or not. At this point I must say that when you read Freud sometimes you are under the impression that for him “to deepen” necessary means to arrive to the sex theory. However, in spite of the different schools, psychoanalysis as approach to the the reality of the person, in my opinion it continues being only one: It is the unique experience according which we come closer to the sense of words and we are oriented to ourselves. If the majority of the physical disturbs do not present organic patology science, it is because the symptoms are subjective expressions – truths to be cleared up.

The only aim of psychoanalytical intervention is to faveur the revelation of the unconscious so that the words said by the analyzed person are no longer ignored, but heard. In this sense the symptoms become object of analytical intervention such as contradictions, lapsis, the failure to remember, the efforts to change or not to respect the previous agreement about the rules and the purpose of analysis, the unreal opinion about the analyst, the resistance to specific subjects. If analysis consisted in given advice about how to behave or ready – made solutions them it would be psychotherapeutic. But the analyst knows that this way he runs the risk of falling in the trap of resistances and to sell to the clients another product instead of the one for which they are paying, transforming them at the same time in patients. In my opinion there would not be a prior incapability I the person analyzed wished or desired to go to a psychotherapist expecting to “cure” a symptom. However it would be important that he could analyze his/her own wish or his/her own decision.

The picture in which the analyst and the person being analyzed should be able to move freely is constituted by, as correctly noted by Szasz, type of contract initially agreed upon about the rules of analysis. It is particularly important that, from the very beginning, the analyst makes his role clear: analyzing the material brought to the section, without directly interfering and having a therapeutic intention in relation to the symptoms. The analyst does not believe in mental illness. About this subject Szasz´s opinion is radical: terms such as schizophrenia were invented by modern psychiatry to label the disturbance in illness even if there is no evidence of hystopathology and phisiopathology. This way, pathologysing the disturbance, psychiatry first and right after it some type of psychoanalysis (which is defined as “analytical psychotherapy”) were useful and still are, in the best possible way, for the political desire of social control.

Another preliminary of fundamental importance in analysis deals which the analyst’s free intellectual condition. If he wants to teach autonomy and liberty to the persons he analyses he must first be free and independent. For this, even if he follows a chain of thoughts or to an analytical institution, he/she can only charge himself; in the same way, he/she cannot coherently take advantage of any other legitimation, unless it is sourced by an inner conquer. This is obtained through a personal analysis authentically performed. For this matter Lacan emphasized that only the personal analysis can acquire didactic value.

As a matter of honesty we should add that personal analysis cannot even become a compulsory for motive criteria because some of the most important psychoanalysts were never analyzed, even if at a certain moment they could have done it. It is also because analysis cannot be considered the only absolute way to reach certain knowledge of the unconscious. Jung showed himself particularly open to this subject, affirming that an adequate formation in that field could also come from a particularly rich and intense life experience, from the deep knowledge of a great number of people and different cultures and environments. Finally, psychoanalysis can certainly privilege some normative criteria, but it should not have (even being difficult), any type of prejudice.

Let’s come back to the subject of hearing. You could think that there is no need to go to an analyst to be heard, that a friend is enough and that, on top of it, you should not expect too much in terms of therapeutycal effects of something as “soft” as hearing. In what refers to the first objection I would like to frankly put in doubt the possibility of finding in a friend or relative a true and deep hearing like the one of the analyst. It would be the case to ask ourselves how many people have made us feel totally and truly, understood and accepted for what we are just to see how strange this situation is. The friend comforts loneliness, he exchanges or tries to impose ideas or opinions, praises the participation in common projects, shares experiences, is part of our life, but is not natural, he expects return, he competes, he easily labels, he resents and does not give the minimum importance to the elucidation of the unconscious determinations of the relationship. Moreover, why should he do it if he does not feel the requirement and is not paid for it? In short, the friend is not particularly willing to hear.

The second objection requires a more articulated answer that concerns to logic but is directly linked to the first objection. If hearing is so difficult to find, what does it consist of? And what does self-hearing mean? Hearing someone means to get closer to the real motivations of his speech, the ones that hide for instance, behind a wrong act or a dream? It means bringing the interlocutor back to reality.

From this point of view there is a certain analogy between psychoanalisys and zen-taoism. Whose “Koan” produces frequent revelations about the most intimate reality of the follower. Essentially, there are three possible types of verbal answers. I can only answer in relation to the apparent speech of my interlocutor, saying if I agree or not with what he says, but I will not deal at this moment with its real motivations. If I leave the apparent plan following my intuition, I run the risk of being too direct or simply to be wrong. The third possibility is the most analytical one and it consists in reflecting about the points that are not totally clear, the forgetting, the contradictions, the reportable manifestations and the resistances. For example I could ask an analyzed person about changes in his humor, while he was affirming his indifference in relation to the subject being discussed.

After interventions like this one and within a transference process the person being analyzed could express the intention of interrupting the analysis, claiming apparently, objective motivations. The following analyst’s intervention will be to call the attention to the existing link between the expressed wish of the person being analyzed and what happened before. This way, the person being analyzed ends up understanding that he is the only responsible and the star of his analytical process. He understands that analysis permits him to listen to himself, which he had always looked for, but had not found in the books, neither in friends, neither in the girlfriend, neither in the psychiatrist, neither in the therapist. This simple finding is what Lacan uses as basis when he introduces the distinction between the empty word and the full word.

The first one represents the person who does not listen to himself, who does not get to the point, who gossips and uses conventional terms and verbal grimaces, etc. Which emptiness seems to be inversely proportional to the volume of pronounced words. It is a word that does not satisfy because it is unable to find an achievement; with time it becomes desolating, temperamental and suicide. Focused, strong word but also sweet as a water gurgle, or full of the irony that reveals the old complicity between smile and truth. Therefore, on one side the superficiality and alienation and, on the other, the subject’s source.

Psychoanalysis finds in listening the element that best characterizes it. Listening is the only thing that an analyst must know how to do, it is the only service that he must offer to whom comes to him. I believe that psychoanalysis, if not willing to sell its own soul, must honestly limit itself to confirm and practice its analytical function, recognizing the limits, especially the specifically therapeutic, linked to its nature and purpose. This objective does not aim directly neither the cure of the symptoms neither the resolution of private problems, but to reach enough explicitness in relation to its own issues. The need to talk with someone who knows how to listen is probably as old as mankind and creates a dynamics that can be found in every type of interpersonal relationships. In my opinion the transfer should be seen as something more than the unconscious search of some important figures of the personal past such as the search of an interlocutor who is able to listen.

Bibliographie :

  • Prigogine/Stengers, La nouvelle alliance
  • T.Kuhn, La structure des révolutions scientifiques
  • T.Szasz, L’etica della psicoanalisi, Armando 1979
  • T.Szasz, Schizofrenia, simbolo sacro della psichiatria, Armando 1984
  • S.Freud, Cinque conferenze, Boringhieri
  • C.G.Jung, Ricordi, sogni e riflessioni, Rizzoli
  • C.G.Jung, Pratica della psicoterapia, Boringhieri
  • J.Lacan, Fonction et champ de la parole, Seuil 1966
  • J.Lacan, Situation de la psychanalyse, Seuil 1966
  • Antoine Fratini, Parola e Psiche, Armando, Rome 1999.

par Antoine Fratini